Ali Baba et les 40 Voleurs, Jacques Becker (1954)
Ali Baba et les 40 Voleurs, de J. Becker Senior (1954).
Un des premiers films-cultes de ma cinéphilie, je le regardais sans arrêt en VHS chez ma grand-mère. Fernandel y campe un héros au grand cœur charmant, presque non-violent dans ses actes de bravoure, hormis lorsqu'il laisse au final Morgiane piétiner le désert alors que lui se déplace au calme sur son bourricot.
Alors oui: ça parle de traite des femmes (on les achète, on les agresse, par extension on les 🟣), le male gaze sur elles est affligeant, il y a aussi ces relents orientalistes et le choix de la langue française qui me paraissent problématiques maintenant.
Restent une comédie d'aventure et familiale extrêmement maîtrisée, des séquences de danse et d'action lumineuses, des décors incroyables, une verve frénétique dans les dialogues, des choix esthétiques et de mise en scène qui font de ce joyau de son époque un film très enseignable, pour ses nombreuses qualités et aussi ses défauts.
Truffaut a écrit: «À la première vision, Ali Baba m'a déçu, à la seconde ennuyé, à la troisième passionné et ravi.» Frère, il t'a fallu 3 visionnages pour arrêter de péter plus haut que ton cul et reconnaître un bon film, t'es un baisé.
Moi qui ne suis ni critique (je préfère chroniqueur) ni cinéaste (ça ne devrait tarder), je prends le contre-pied de la critique et réaffirme la toute-puissance de l'expérience-spectateur, la seule prise de parole qui compte selon moi, celle qui donne sa part belle à la liberté des regards et trace des voix/voies vers le partage, de l'individuel au collectif. Comme le fait Ali Baba dans le film de Becker.
Mention spéciale à l’immense Samia Gabal.
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